Le panneau règne, la loi s’incline
Paysages de France

Le panneau règne, la loi s’incline

Publié le 10 septembre 2026

Des adhérents de Paysages de France, accompagnés d’un adhérent local, ont décidé de bâcher recto verso deux panneaux publicitaires de 12 m² installés à Domérat et Prémilhat.

Pourquoi ? Parce que ces panneaux, situés le long de la RD 745, à l’entrée de l’agglomération, sont en infraction avec le Code de l’environnement et continuent pourtant à trôner fièrement dans le paysage.

Trois mois pour… ne rien faire

Cette opération ne sort pas de nulle part. 

En juin dernier, Paysages de France avait écrit aux deux maires concernés pour leur demander de mettre en œuvre leur pouvoir de police. La procédure est pourtant parfaitement balisée : constat des infractions, mise en demeure des contrevenants, puis dépose des panneaux.

Un mois avait été laissé aux maires pour faire disparaître ces publicités.

Trois mois plus tard, elles étaient toujours là.

Visiblement, certains panneaux bénéficient d’un régime de faveur : quand on leur demande de partir, ils prennent leur temps.

« Revenez en décembre 2026 » ?

Dans La Montagne, le maire de Prémilhat explique que les publicités illégales bénéficieraient d’un délai de deux ans pour être mises en conformité après l’approbation du RLPi, soit jusqu’en décembre 2026.  

Une interprétation qui laisse quelque peu perplexe.

D’autant plus que le maire de Prémilhat était chargé du projet de RLPi. On peut donc supposer qu’il connaît quelque peu le dossier et les règles qui l’accompagnent.

En effet, les panneaux en question sont en infraction avec le Code de l’environnement. Ils ne bénéficient donc pas du fameux délai de deux ans invoqué pour les dispositifs qui seraient simplement devenus non conformes aux nouvelles règles du RLPi.

Autrement dit : ce n’est pas parce qu’un panneau est planté là tout à fait illégalement depuis plusieurs années qu’il acquiert un droit à l’ancienneté.

Une entrée de ville protégée… par les panneaux ?

La situation est d’autant plus savoureuse que l’une des orientations majeures du RLPi de Montluçon Communauté est précisément de protéger les entrées de ville des excès de l’affichage publicitaire.

Sur le papier : protection des entrées de ville.

Sur le terrain : deux panneaux de 12 m² qui continuent de faire la promotion de la publicité à grand format.

Cherchez l’erreur.

Paysages de France avait d’ailleurs pris soin d’expliquer la situation au maire dans un courrier de juin 2026, en lui rappelant qu’il ne disposait d’aucune latitude pour refuser de faire procéder à la dépose de ces panneaux.

Alors, puisque les panneaux restent…

Il ne restait finalement qu’une solution pour rappeler leur présence et leur statut : les rendre… beaucoup moins visibles !

C’est donc chose faite.

Deux grands bâchages recto verso, histoire de donner aux panneaux un avant-goût de ce qui les attend : la disparition du paysage.

Quand la publicité illégale s’accroche, nous aussi.

Tous en infraction !

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