Paysages de France

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Les afficheurs  veulent-ils la peau du Grand Lyon ?

25.09.2018

Communiqué de Paysages de France
Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l'environnement

Contact porte-parole de Paysages de France : 06 82 76 55 84

Demain, mercredi 26 septembre se tient à 14 heures une nouvelle réunion "thématique" de concertation (la 4e) organisée par la métropole de Lyon sur le futur projet de règlement de publicité intercommunal (RLPi). 

Sont conviés, comme les fois précédentes, les professionnels et les associations. 
À la veille d'une réunion au cours de laquelle sera, cette fois-ci, abordée la question des enseignes, notamment numériques, Paysages de France fait un point d'étape sur les prétentions des afficheurs et la responsabilité qui incombe à la métropole de Lyon.

Les afficheurs montrent des dents

Une chose est certaine, les afficheurs semblent bien décidés à tenter d'imposer leur "loi". Ceci d'autant plus que, jusqu'à présent, ils peuvent avoir le sentiment que la porte leur reste largement ouverte.

C'est ainsi qu'ils ont commencé à montrer ouvertement des dents. En laissant ni plus ni moins entendre qu'il n'était pas question pour eux que puisse être remis en question leur droit à polluer. Pas question par exemple de diminuer les formats des énormes panneaux installés sur les voies publiques (trottoirs), "faute de quoi, selon l'afficheur Clear Channel, aucun mobilier urbain (sic) de 8 m2 (en réalité près de 10 m2) existant actuel ne pourra être conforme"... 

Il est vrai que le souci de cet afficheur est de veiller au strict respect du code de l'environnement. 
Même s'il lui arrive parfois d'être quelque peu distrait...

Publicités Clear Channel installées en violation du Code de l'environnement dans le parc naturel régional de la Narbonnaise-en-Méditerranée, leur démontage n'était intervenu qu'à la suite de la saisine du tribunal administratif de Montpellier 

Et pas question non plus de dédensifier (ni de faire dans la nuance) : "un linéaire de 80 mètres pour un mobilier urbain (resic) scellé au sol reviendrait à éradiquer (!) près de 90% des mobiliers (re-resic) de ce type en zone urbaine pavillonnaire"...

Même refrain pour l'afficheur EXTERION MEDIA (ex CBS Outdoor, ex Viacom, ex Giraudy). Selon ce dernier, "il est indispensable (sic) que les formats standards actuels des dispositifs publicitaires soient respectés." 

On ne peut être plus clair !

Publicités EXTÉRION, quelque part en France. En infraction depuis le 13 juillet 2015.

Des milliers de publicités en infraction

Est-ce parce que cet afficheur continue à exploiter un grand nombre de publicités qui, depuis le 13 juillet 2015, sont en infraction (dépassement de la surface maximale fixée par le Code de l'environnement) ?

 Sur les trottoirs : "Pas d'arbres, des pubs ?"

Il est vrai également que ce même afficheur ne semble guère troublé, comme cela fut le cas à Paris, par des pratiques dont le moins que l'on puisse dire est qu'elles sont fort éloignées de celles auxquelles appelle Paysages de France ("Pas de pub, des arbres !"). Pratiques innovantes celles-là, qui se sont d'ores et déjà si joliment imposées dans le paysage grenoblois...

"Pas d'arbres, des pubs", ou bien "Pas de pub, des arbres" ?

Installer des milliers de panneaux lumineux...ou lutter contre le réchauffement climatique ?

Mais ce n'est pas tout, pour les afficheurs il est parfaitement "clair" qu'un panneau publicitaire doit être lumineux. 

Or si une chose est bien "indispensable" c'est d'abord d'empêcher l'installation massive dans nos villes de sources lumineuses supplémentaires quand l’urgence demande au contraire que l’on réduise drastiquement tout ce qui n’a rien d’indispensable et que l’ordre du jour est bien évidemment à la diminution de l’éclairage.

La balle est donc désormais dans le camp du Grand Lyon : il sera notamment jugé sur la contribution qu'il apportera et les mesures qui seront prises en la matière dans le cadre du RLPi. 

À lui de décider de se montrer exemplaire et volontaire, de choisir la voie de l'innovation et du bien-être des populations et non d'aller à contresens de tout ce qu'il convient de faire pour répondre aux enjeux environnementaux "brûlants" d'aujourd'hui.