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Angers Loire Métropole, le numérique pour le meilleur et… pour le pire

17.09.2019

Communiqué de Paysages de France
Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l'environnement,
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Contact : 06 51 47 89 51

L’enquête publique relative au projet de règlement de publicité intercommunal (RLPi) d’Angers loire Loire Métropole se déroule du 3 septembre au 4 octobre. Au travers de cette consultation, la population est invitée à s’exprimer sur son cadre de vie pour la décennie future.

Angers, overdose publicitaire !

Le numérique pour le meilleur...

En décembre 2018, Angers Loire Métropole (ALM) lançait le projet « territoire intelligent », reposant « sur une utilisation efficace et partagée des nouvelles technologies » et dont l’un des objectifs est d’ «économiser les ressources pour accélérer la transition écologique du territoire »

Les possibilités offertes actuellement par le numérique, alliées à l’expertise de nombreuses entreprises angevines spécialisées dans ce domaine peuvent en effet permettre une réelle amélioration du cadre de vie grâce à une meilleure gestion de l’éclairage public, une gestion fine de l’arrosage des espaces verts, la régulation des flux de circulation automobile ou le stationnement.

… et pour le pire

Mais il est un domaine qui a été soigneusement écarté de ce projet. Il s’agit en effet du règlement local de publicité intercommunal (RLPi) qui lui aussi utilise au maximum les possibilités offertes par les technologies numériques.

Les habitants de la métropole pourraient ainsi, si le projet est adopté en l’état, devoir accepter des panneaux de 10.5 m² dans la majeure partie de l’agglomération, que ce soient des panneaux muraux ou scellés au sol. Un grand nombre de ces panneaux pourront accueillir de la publicité numérique jusqu’à 8 m².

Ces « télévisions géantes », diffusant des images fixes ou animées, qu’elles soient installées sur des murs ou au sol, sont considérées par les professionnels comme ayant le plus fort impact sur leur environnement. L’effet des dispositifs numériques sur l’ambiance paysagère des lieux, et cela à grande distance, n’est plus à démontrer.

Leur agressivité, du fait de la puissance lumineuse diffusée et d’éclairs (flashes) intermittents tout particulièrement en fin de journée ou en soirée selon les saisons, est considérable.
Ils aggravent en outre, de façon très importante, la pollution du ciel nocturne. Ce sont également, de très loin, les dispositifs les plus accidentogènes et une cause de gaspillage énergétique majeure.

60 km de trottoirs à disposition des afficheurs

La mesure la plus contestable du RLPi est sans aucun doute la possibilité d’installer du mobilier urbain de grande taille sur 30 km de rue (les axes structurants, nom donné par les afficheurs aux axes de circulation les plus rentables), soit 60 km de trottoir.

Ce mobilier urbain, faisant l’objet d’un contrat avec l’afficheur, est ainsi installé sur le domaine public, avec l’assentiment de la collectivité qui en échange de la pollution créée par ces dispositifs, pourra abonder son budget. En poursuivant cette logique, nous pourrions ainsi trouver de la publicité dans les écoles pour les céréales du petit déjeuner ou encore, sur le fronton des mairies pour le nouveau téléphone portable à la mode...

Pour l’instant, la métropole se contentera sans doute sur la face réservée à l’affichage municipal de demander à ses administrés d’éteindre la lumière en sortant des toilettes... sur des panneaux numériques éclairés jusqu’à 23 h !
Alors que, partout, l’ordre du jour est à la réduction de l’éclairage public et alors que, nous répète-t-on jour après jour, la « planète brûle », installer massivement des publicités lumineuses va très exactement à l’encontre des mesures que les collectivités se doivent aujourd’hui de prendre dans le cadre de la transition écologique et de tout ce qu’il convient de faire en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

N’abandonnons pas les espaces publics à la rapacité des afficheurs

Quel exemple donnerait ALM en polluant ainsi l’espace public, encombrant des trottoirs dont la vocation première est le déplacement des piétons pour se rendre à leur travail, faire leurs courses ou tout simplement flâner ?


Angers, ville-modèle pour la surface de ses espaces verts (environ 100 m² par habitant selon Isabelle Le Manio, adjointe au maire), consacre des lignes budgétaires à l’amélioration du cadre de vie, à l’embellissement de l’espace public, à des aménagements paysagers, au fleurissement de la ville, etc., et « en même temps » pollue ce même espace public en y installant des panneaux publicitaires.

Les angevins doivent refuser ce matraquage publicitaire qui ne bénéficie qu’aux grandes surfaces, aux principaux annonceurs (automobile, outils de communication, internet, téléphone…) et surtout aux afficheurs.


En savoir plus :
Enquête publique sur le RLPi d’Angers Loire Métropole

Participer à l’enquête publique sur place, ou par mail : RLPi(at)angersloiremetropole.fr 

Contribution de l’association Paysages de France à l’enquête publique