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Charleville-Mézières  : le matraquage publicitaire n’est pas une fatalité

09.09.2019

Communiqué de Paysages de France
 Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l'environnement,
indépendante des pouvoirs économique et politique
Contact : 06 51 47 89 51

 

Dernière ligne droite pour le règlement local de publicité de Charleville-Mézières, avec l’enquête publique qui se déroulera tout le mois de septembre. Paysages de France invite les habitants à se mobiliser contre ce règlement écrit au bénéfice des afficheurs.

Les enjeux actuels imposent une vraie réflexion sur la place de la publicité dans la ville. La lutte contre le réchauffement climatique, le gaspillage énergétique et l’incitation perpétuelle à la surconsommation n’ont malheureusement pas été pris en compte par la ville lors de la rédaction de ce règlement. Les mesures proposées reposent sur un modèle désormais obsolète, faisant la part belle aux afficheurs.

Toutes les zones sont touchées, certaines plus que d’autres

Dans le bilan de la concertation, la ZP1 (zone de publicité 1) est présentée comme « la zone la plus restrictive », où « seule la publicité sur mobilier urbain y est admise, dans la limite de 2 m² avec possibilité de publicité numérique ». Or cette zone située en site patrimonial remarquable fait l’objet d’une interdiction totale de publicité dans le Code de l’environnement. Le RLP est ainsi utilisé pour déroger à cette interdiction voulue par le législateur pour protéger des secteurs patrimoniaux.

En ZP2 (le long de certaines voies menant au centre historique, coeurs de villages et certaines entrées de ville) la publicité scellée au sol est interdite. On pourrait se féliciter de cette mesure si la ville n’avait pas décidé d’autoriser sur le domaine public du mobilier urbain supportant de la publicité, au format d’affiche de 8 m², soit environ 10.5 m² avec l’encadrement. Quel exemple donnerait Charlevielle-Mézières en polluant ainsi l’espace public, encombrant des trottoirs dont la vocation première est le déplacement des piétons pour se rendre à leur travail, faire leurs courses ou tout simplement flâner ?

Enfin en ZP3 (zones d’habitation), personne ne pourra échapper à l’omniprésence de la publicité avec des panneaux de 10.5 m² sur mur, des panneaux scellés au sol sur le domaine privé de 10.5 m², du mobilier urbain avec publicité de 10,5 m² sur les trottoirs et même des bâches publicitaires de 12 m² !

Enfin, la dernière zone, celle de la Croisette aura droit à un traitement spécial puisqu’elle sera réglementée selon les dispositions les plus permissives du Code de l’environnement.

Alors qu’on peut lire en préambule du RLP que « le règlement assurera une égalité de traitement entre les habitants des différents quartiers, qui pourront bénéficier d’une égale qualité de leur cadre de vie. », il faut se rendre à l’évidence : mieux vaut habiter en ZP1 avec des publicités de 2 m² plutôt qu’en ZP3 avec des panneaux de 10.5 m², voire des bâches publicitaires de 12 m² !

Gaspillage énergétique de grande ampleur

Imposer l’extinction des publicités et enseignes de 23 h à 7 h correspond à un réel souci de limiter le gaspillage énergétique, à une diminution de la pollution visuelle et au respect de «l’ambiance nocturne » que doivent retrouver les paysages urbains.

Malheureusement, l’application de la réglementation nationale à la zone de la Croisette va à l’encontre de ces objectifs. Pourquoi les enseignes et publicités de la zone de la Croisette pourraient-elles rester allumées jusqu’à 1 h du matin, pour être rallumées dès 6 h ? Cette zone étant déserte la nuit, on comprend mal cette débauche publicitaire lumineuse.

Ce manque de cohérence est aggravé par la possibilité de laisser le mobilier urbain allumé toute la nuit, ce qui constituerait une faute grave eu égard aux enjeux climatiques et à la transition énergétique dans laquelle le pays s’engage.

Cette mesure totalement aberrante consistant à laisser éclairé un dispositif installé sur le domaine public, et « géré »-au travers du contrat de mobilier urbain- par la commune serait le pire des exemples qui soient.

Les enseignes murales n’étant pas suffisamment encadrées dans ce règlement, on pourrait installer sur un bâtiment de 100 m de long sur 8 m de haut une enseigne numérique représentant 15 % de la surface totale de la façade, soit une enseigne numérique de 120 m2 !

Or, ces enseignes créent une pollution lumineuse maximum, une gêne pour les riverains, un danger pour la circulation routière et un gaspillage énergétique de grande ampleur.

Publicité d' Ardennes Métropole pour l’autocollant « Stop pub » !

D’autres formes de publicité pour transformer les citoyens en vulgaires consommateurs

Le RLP de Charleville-Mézières a « oublié » certains dispositifs particulièrement polluants. Simple oubli ou volonté délibérée de laisser la porte ouverte à des formes de publicité qui devraient au contraire être rigoureusement encadrées ?

Toujours est-il que le RLP fait l’impasse sur les vitrophanies (publicités collées sur l’extérieur des vitrines), les enseignes de pharmacie détournées à des fins publicitaires, les enseignes temporaires (les grandes surface utilisant ces dispositifs en faisant se succéder les opérations exceptionnelles toute l’année (promotions, 3 pour le prix de 2…).

Enfin, de nouvelles formes de publicité risquent d’apparaître dans les années prochaines (publicité au sol, sonore, sur ballon captif...). La ville doit se prémunir dès maintenant contre ces dispositifs.

Cette mesure permettrait entre autre d’interdire une forme de publicité particulièrement insidieuse, la publicité sonore qu’envisage de mettre en place la commune lors des prochaines fêtes de Noël et d’autres évènements tout au long de l’année dans les rues piétonnes.

Que restera-t-il de l’espace public pour les Carolomacériens quand ils devront subir les panneaux avec publicité sur les trottoirs, les publicités sur les murs ou scellées au sol sur le domaine privé, les bâches publicitaires, les enseignes numériques, le tout « agrémenté » de spots publicitaires sonores ?

Paysages de France propose des mesures radicales pour limiter la place de la publicité de la ville, tout en permettant aux annonceurs de s’exprimer et visant à rétablir une concurrence équilibrée entre petits commerçants et grandes surfaces.

En svoir plus : 

Enquête publique du 2 au 20 septembre 2019. Donnez votre avis :

- mairie de Charleville-Mézières, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 17 h, le samedi de 9 h à 12 h

- par mail sur l'adresse : Enquetepublique_RLP@mairie-charlevillemezieres.fr