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Brest Métropole voit ( beaucoup trop ! ) grand

04.09.2019

Communiqué de Paysages de France
 Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l'environnement,
indépendante des pouvoirs économique et politique
Contact : 06 51 47 89 51

 

L’enquête publique relative au projet de règlement de publicité intercommunal (RLPi) de Brest Métropole vient de débuter. C’est l’occasion pour les Brestois d’exprimer leur avis (avant le 16 septembre) sur un projet qui semble avoir été écrit par des afficheurs !

Quelle place pour la publicité extérieure ?

A l’heure du changement climatique, de la transition écologique, de la lutte contre le gaspillage énergétique et l’incitation continuelle à la surconsommation, la métropole de Brest semble totalement sourde aux impératifs écologiques qui s’imposent à tous dès maintenant.
Alors qu’une vraie réflexion aurait du être menée sur la place de la publicité extérieure dans la métropole, le projet déroule un ensemble de mesures du siècle précédent.

Des panneaux publicitaires au format maximum

Hormis dans les espaces de centralité (centres bourgs), toutes les zones agglomérées de Brest accueilleront des panneaux publicitaires muraux de 10.5 m² ! Il faudra y ajouter dans 4 zones sur 5 les panneaux scellés au sol d’environ 12 m² (le format maximum autorisé par le Code de l’environnement) . Ce dernier format, maximum autorisé par le Code de l’environnement est devenu le symbole tristement célèbre de la laideur, des nuisances et de la pollution engendrées par l’affichage publicitaire, le symbole même de la « France moche ».

De la publicité aussi sur les trottoirs

Enfin, pour faire bonne mesure, la métropole prévoit d’autoriser du moblier urbain sur les trottoirs au format de 10.5 m² dans les 4 zones précédentes. Or, la logique consistant à faire des voies publiques (trottoirs) des lieux où peuvent se déployer de tels panneaux publicitaires va très exactement à l’encontre de ce qu’une collectivité se doit de faire en matière d’environnement.

Quel exemple donnerait la métopole de Brest en polluant ainsi l’espace public, encombrant des trottoirs dont la vocation première est le déplacement des piétons pour se rendre à leur travail, faire leurs courses ou tout simplement flâner ?
Consacrer des lignes budgétaires à l’amélioration du cadre de vie, à l’embellissement de l’espace public, à des aménagements paysagers, au fleurissement de la ville, etc., et polluer ce même espace public en y installant des panneaux publicitaires est incohérent.

Régles d’extinction nocturne : service minimum, pollution maximum

Alors qu’un règlement local de publicité a pour vocation à instaurer des règles plus restrictives que le Code de l’environnement, que la plupart des villes et métropoles françaises proposent dans leur RLP l’extinction des publicités et enseignes entre 23 h et 7 h du matin, Brest métropole se contente d’appliquer le minimum de la réglementation nationale, à savoir l’extinction des dispositifs lumineux de 1 h à 6 h du matin.
En contraction flagrante avec l’orientation définie dans le rapport de présentation du RLP : « Le RLP visera à limiter l’énergie consommée et à lutter contre les nuisances lumineuses »
Le Code de l’environnement ne réglementant pas l’extinction du mobilier urbain, et aucune mesure n’étant prévue dans le RLPi, ce mobilier urbain supportant de la publicité pourra ainsi rester allumé toute la nuit ! Mobilier urbain qui pourra bien évidemment être utilisé par la métropole pour demander aux habitants de faire des économies d’énergie !

Panneaux numériques : danger !

En dehors des espaces de centralité, toutes les zones de publicité de Brest (et leurs habitants) subiront des panneaux numériques, que ce soit sur le domaine privé (panneaux publicitaires) ou sur le domaine public (mobilier urbain)
Ces « télévisions géantes », diffusant des images fixes ou animées, qu’elles soient installées sur des murs ou au sol, sont considérées par les professionnels comme ayant le plus fort impact sur leur environnement. L’effet des dispositifs numériques sur l’ambiance paysagère des lieux, et cela à grande distance, n’est plus à démontrer.
Leur "agressivité", du fait notamment de la puissance lumineuse diffusée et d’éclairs (flashes) intermittents tout particulièrement en fin de journée ou en soirée selon les saisons, est considérable.
Ils aggravent en outre, et cela de façon très importante, la pollution du ciel nocturne. Ce sont également, de très loin, les dispositifs les plus accidentogènes et une cause de gaspillage énergétique majeure.

Des enseignes hors normes dans les zones d’activités

Là encore, des dispositifs de très grande taille pourront être installés et en grand nombre. Ainsi, un même établissement pourra placer sur sa façade une enseigne numérique de 24 m², une enseigne scellée au sol de 6 m² et une enseigne sur toiture de 6 m de haut !
Il faudra bien se poser la question de l’utilité des enseignes sur toiture et scellés au sol, lorsque chaque établissement peut disposer d’une enseigne sur façade visible de la voie publique.

Oubliés volontairement ?

Certains dispositifs ne sont pas (ou très peu) réglementés par le Code de l’environnement. Le rôle d’un RLP est donc de les encadrer strictement, ce qui n’a pas été fait pour :
- les bâches publicitaires qui peuvent recouvrir un pan entier d’immeuble
- les bâches de chantier avec la moitié de leur surface réservée à la publicité
- les enseignes temporaires utilisées de façon récurrente par les grandes surfaces pour installer des enseignes gigantesques tout au long de l’année.

Le RLPi de Brest Métropole est incacceptable en l’état. Il doit être revisité de fond en comble afin d’aboutir à un règlement compatible avec une réelle protection de l’environnement et des habitants.

En savoir plus :
- Plus d’informations sur paysagesdefrance.org

- Donner son avis sur le site de Brest Métropole : https://jeparticipe.brest.fr/projets-en-participation/projets/revision-du-reglement-local-de-publicite-965.html

- Donner son avis en envoyant un mail : rlp@brest-metropole.fr