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La publicité numérique au risque de ruiner l'image de GRENOBLE métropole ?

29.03.2019

Communiqué de Paysages de France

Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l'environnement,
indépendante des pouvoirs économique et politique

Contact Paysages de France : 06 82 76 55 84 

RLPi : la publicité numérique, etc., au risque de ruiner l'image de Grenoble Métropole ?

Projet bouclé d'avance ? Lyon était déjà au courant de ce qui se concocterait à Grenoble...

La réunion qui s'est tenue le 27 mars 2019 au siège de la Métropole avait pour objectif de présenter aux « personnes publiques associées » le zonage envisagé pour le futur règlement local de publicité intercommunal de Grenoble-Alpes-Métropole.

 Quel est le bilan aujourd'hui après des mois de « concertation » et plusieurs réunions ?

Le sentiment est que rien ne bouge, autrement dit que les orientations et la « philosophie » (sic) présentées aujourd'hui sont très exactement les mêmes que celles présentées à l'origine.

Grenoble, 27 septembre 2015, exposition Paysages de France à la Bastille :
"Pas de pub, des arbres", je signe !

 « Faubourgs » et « quartiers dits modernes » : surtout, n'y habitez pas !

C'est ainsi qu'un vaste secteur, regroupant « les faubourgs » et les « quartiers dits modernes » aurait d'emblée droit à la"totale" : « Tous les supports de publicité autorisés », « sauf les dispositifs lumineux numériques avec des formats restreints »... Telle est, en effet, la « possibilité de proposition » pour ces quartiers !

 "Zones d'activités" : conforter la liberté de polluer !

Alors que tout devrait être fait pour en finir avec « l'abomination » (Michel Serres), « l'horrible furonculose » (Philippe Val) qui caractérisent la plupart des zones d'activités "à la française" et alors que l'une des priorités est de tourner la page de pratiques archaïques en réhabilitant, en verdissant et en dépolluant ces secteurs, le projet concocté avec les "conseils" du cabinet Even envisage au contraire de conforter cette situation, autrement dit de charger la barque là où c'est le plus "moche".

La preuve ? La « Possibilité de proposition » (sic) y est ici sans fard :

« Tous les supports de publicité autorisés, y compris les dispositifs lumineux numériques avec un contrôle des formats »...

Grenoble, 27 septembre 2015 : Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO,
et Éric Piolle, maire de Grenoble, plantent un arbre à la Bastille

 Le pire là où c'est déjà le pire ?

Ainsi, serait même autorisée la publicité numérique, autrement dit la plus agressive.

La plus impactante sur le paysage et l'environnement d'une manière générale.

La plus accidentogène.

Celle qui, dès que le jour s'achève, "crève l'écran", puis troue le ciel nocturne, des kilomètres à la ronde et jusqu'en altitude (malheureux écrin alpin de Grenoble !).

Celle qui est le symbole du gaspillage énergétique, au moment où la planète "brûle".

Celle qui est le symbole du harcèlement publicitaire, de l'appel incessant à consommer toujours plus et n'importe quoi au risque d'épuiser les ressources de la planète et de déstabiliser les personnes les plus fragiles.

 Partout, de la publicité sur les trottoirs, même là où toute publicité est normalement interdite par le Code de l'environnement ?

Le comble est que la logique proposée et, au demeurant, véhiculée partout ailleurs le cabinet Even Conseil, missionné par la métropole, est d'autoriser partout (sauf en ZP3 "Trames vertes et bleu" !) la publicité sur les voies publiques (trottoirs).

Au besoin en dérogeant aux interdictions prévues par la loi.

Et comme si cela ne suffisait pas, avec, sur ces trottoirs, peut-être même de la publicité numérique !

Autrement dit ce serait la collectivité elle-même qui donnerait, sur les lieux mêmes qui relèvent de sa responsabilité directe, l'exemple contraire de tout ce qu'il convient de faire en matière de protection du cadre de vie, du paysage diurne et nocturne, de la sécurité des citoyens, et, ce qui est le plus grave, en matière d'environnement en général (voir supra), cela au moment où la priorité est de lutter contre le réchauffement climatique, de protéger les citoyens contre le harcèlement publicitaire et ses effets sociaux et environnementaux, au moment où l’objectif est de faire de nos villes des espaces apaisés.


Grenoble, 27 septembre 2015, Eric Piolle, maire de Grenoble, visite l'exposition
« Des opérations "Pas de pub, des arbres" consacrée au démontage des panneaux JCDecaux,
organisée par Paysages de France à la Bastille

 Au risque de ruiner l'image de la capitale des Alpes françaises ?

Bref, un scandale environnemental qui ruinerait l'image de la capitale des Alpes françaises, actuellement perçue comme innovante y compris en matière d'environnement. Une "capitale" qui se laisserait donc mener par le bout du nez par le lobby des afficheurs...

 L'ANPCEN n'a pas pu participer à la réunion

L'association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCEN) aurait souhaité participer à la réunion de ce matin. Elle a été éconduite. Raison invoquée : elle n'en avait pas fait la demande...

Résultat, le 27 mars, Paysages de France était la seule association représentée physiquement.

Heureusement, elle est également mandatée par Sites & monuments, la plus ancienne et la plus prestigieuse association française de protection du paysage et du patrimoine, présidée par un jeune et brillant Professeur à la Sorbonne...

L'un des 3 panneaux numériques installés dans la métropole grenobloise :
le soir, ça ne "décoiffe" pas seulement, c'est de la dynamite !
Le futur RLPi pourra interdire ces machines de guerre contre l'environnement

 Face au LYON, GRENOBLE TIGRE de papier ?

Le 21 mars à Lyon, les afficheurs triomphaient déjà et d'autres se gaussaient !

Voici quelques jours, le 21 mars très exactement, au cours d'une réunion consacrée au projet de RLPi du Grand-Lyon, la nouvelle circulait : "Grenoble va autoriser la publicité numérique ! " Et ce jour-là, certains en étaient déjà à sa gausser du prétendu "exemple grenoblois" tandis que, du côté des afficheurs on triomphait.

 Alors de deux choses l'une :

Ou bien le projet de Grenoble-Alpes-Métropole est bel et bien bouclé d'avance et les afficheurs peuvent en effet se sentir des ailes ;
Ou bien il s'agit d'une "fake news" et la capitale des Alpes françaises ne pourra être instrumentalisée et servir de caution et de…publicité à ces derniers.

Les arbitrages vont bientôt avoir lieu.

La balle est maintenant pleinement dans le camp des élu(e)s métropolitain(e)s : à elles et à eux de démentir cette horrible "fake news" et de se montrer exemplaires.

 Non pas aux yeux des pollueurs, mais, en matière d'environnement, aux yeux de la planète entière...