


Au cours de ces dernières années, grâce aux interventions de Paysages de France, un grand nombre de panneaux illégaux (préenseignes et enseignes comprises) ont été supprimés en Savoie. Cependant, le laxisme dont font preuve certains maires incite les délinquants de l’environnement à laisser en place des dispositifs illégaux et à en installer de nouveaux. Quant au préfet de la Savoie, la cas de l’enseigne de Voglans, commune de l’agglomération de Chambéry, en dit long sur le traitement de faveur dont peuvent bénéficier les délinquants les plus entêtés.
C’est ainsi que le préfet de la Savoie a attendu plus de deux ans pour prendre un arrêté ordonnant la suppression ou la mise en conformité de la gigantesque enseigne "Quick Palace" de Voglans, qui de ce fait, aura été démontée bien après d’autres gigantesques dispositifs, tel les enseignes Citroën ou Courtepaille implantées à quelques centaines de mètres de là, mais dans une autre commune.
Comme si les bâtiments commerciaux, dévoreurs d’espace, n’étaient pas assez moches comme cela, on nous fait subir, en plus, un fatras de panneaux publicitaires de tout format et d’enseignes criardes, démesurées et agressives. Or la plupart des maires ne se soucient même pas de faire respecter dans ces "zones" les quelques règles fixées par le Code de l’environnement en matière d’affichage et d’enseigne.
La preuve ? En juillet 2009, Paysages de France relève, à titre d’exemples et afin d’alerter les autorités compétentes, quelques infractions particulièrement ostentatoires. Résultat : des démontages certes, mais qui n’interviendront que très tardivement et ne concerneront que les dispositifs signalés par l’association.
En effet, deux ans plus tard, la totalité des dispositifs en infraction qui n’avaient pas été signalés par l’association en 2010 étaient toujours en place !
C’est pourquoi, le 6 septembre 2011, Paysages de France effectuait de nouveaux relevés d’infractions et, le 23 janvier 2012, saisissait le préfet de la Savoie ainsi que Bernadette LACLAIS, maire de Chambéry. Or, bien que le préfet ait écrit en personne, le 23 février 2012, à Bernadette LACLAIS et lui ait notamment précisé que l’association disposait de la « possibilité d’action pour des poursuites auprès des tribunaux administratifs », force est de constater que les dispositifs sont toujours en place aujourd’hui, et cela alors même qu’il s’agit de délits !
Pourtant cette mairie, qui ne fait démonter les panneaux illégaux que lorsque Paysages de France intervient, proclame dans le même temps son intention de « durcir la réglementation jusque dans les zones commerciales » (sic), tandis que la maire déclare, devant les caméras, qu’il n’y a « rien de pire que quand on arrive dans une ville il y a une forêt de panneaux qui vous accueille. » Allez comprendre...
Voir le reportage de France 3 Alpes|
Le cas de Saint-Alban-Leysse, toujours dans l’agglomération de Chambéry, est particulièrement édifiant. En effet, cette commune a révisé son règlement de publicité pour — elle aussi ! — le "durcir". Mais, dans le même temps, elle fait semblant de ne pas voir la gigantesque enseigne multicartes, installée en violation du code de l’environnement, qui domine de ses 25 mètres toute la ville.
Quant au préfet, pourtant saisi par Paysages de France de ce cas d’école, il n’a toujours pas donné suite aux demandes de l’association. Cette situation devrait donc conduire très prochainement à une saisine du tribunal administratif.
Lorsque vous sortez enfin du chaos atroce qui s’étale sur des kilomètres au nord de Chambéry, ne croyez surtout pas que vous en avez fini avec « la France moche » (Télérama). Car vous arrivez bientôt non pas dans une ville préservée, mais dans une ville qui, elle aussi, égrène ses 4X3 le long de certains de ses axes les plus parcourus. Le comble : certains de ces panneaux prospèrent en toute illégalité jusqu’au cœur de la ville d’eau. Paysages de France, à défaut de pouvoir empêcher le maire de polluer sa ville (un règlement de publicité pourrait remédier à cette situation), compte bien obtenir qu’au moins le Code de l’environnement y soit respecté.
Faudra-t-il que Paysages de France intervienne également dans ce parc naturel régional pour que le Code de l’environnement cesse d’y être grossièrement violé ? Il semble bien puisque manifestement rien n’est fait pour mettre fin à cette situation.
Comme si le désastre environnemental causé par le matraquage publicitaire des plaines ne suffisait pas, c’est désormais la montagne qui est touchée, et cela très souvent en toute illégalité.
Certes, en 2011, les premières actions conduites par Paysages de France auprès du directeur de "Nissan West Europe" ont permis un certain nombre de démontages. Mais, vu l’ampleur du problème, l’absence totale de scrupules des publicitaires et la complicité dont font preuve certains maires, une action forte s’impose. C’est pourquoi Paysages de France, qui a récemment alerté le préfet de la Savoie, prendra dès la prochaine "rentrée" les mesures appropriées.