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N° 034 : Paysages "bio" : la vie !
samedi 16 octobre 2010

Éditorial

« Le paysage est à la croisée de la nature et de la culture. Sa richesse ne se limite pas, loin de là, à la perception de l’harmonie visuelle d’un espace. Elle tient tout autant à sa profondeur, c’est-à-dire à tout ce qui, bien que n’étant pas immédiatement perceptible, lui donne du sens. L’une des richesses fondamentales du paysage naturel ou peu anthropisé, est celle que constitue, au-delà de l’apparence, la biodiversité. »
Lorsque Paysages de France, voici quelque mois seulement, rappelait à Jean-Louis Borloo cette vérité essentielle, c’était pour rappeler, en cette année 2010 décrétée par l’ONU « année de la biodiversité », les engagements internationaux de la France sur le dossier le plus symbolique et emblématique en la matière.
« La France, poursuivait l’association, s’enorgueillit de la centaine de cathédrales qui dressent leurs flèches dans son ciel, des cent cinquante châteaux qui justifient le classement du Val de Loire au patrimoine mondial de l’UNESCO, et, d’une façon générale, de son patrimoine architectural, y compris contemporain. Serait-elle en revanche incapable de préserver, pour les générations futures, le seul et dernier grand fauve sauvage qui survive encore sur une parcelle de son territoire ? Faut-il que ce qui est fait pour des dizaines de milliers de monuments architecturaux soit en revanche impossible pour un seul et pourtant exceptionnel « monument naturel et culturel vivant » l’ours des Pyrénées ? »
Or, même sur ce dossier la France semble baisser les bras. C’est un recul d’autant plus accablant que, le 1er juillet 2010, soit deux jours après l’adoption de la loi dite « Grenelle 2 », Jean-Louis Borloo dressait la liste des futures infrastructures dont chacun sait qu’elles segmenteront, artificialiseront et bétonneront un peu plus encore le territoire. Cela après avoir déclaré, lors de la présentation du « Grenelle I » en octobre 2007 : « C’est fini : on n’augmentera plus la capacité routière » !
Raison de plus pour sourire à la vie, lorsque la nature reprend ses droits, ici où là (lire page 4) ou lorsque les symboles mêmes de ce qui outrage le paysage sont jetés à terre (lire pages 7 à 11).
Pierre-Jean Delahousse
Président de Paysages de France

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