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thème :
éolienne
type de document :
PDF communiqué de presse Edito
Nature d’intervention :
action terrain
région, localité :
Grenoble et environs
Manifestation contre le saccage du Sénépy (Isère) et pour le respect de la “loi montagne”
dimanche 6 avril 2008

Communiqué de presse de Paysages de France - 4 avril 2008
Contact presse : 06 82 76 55 84

Manifestation contre le saccage du Sénépy (Isère) et pour le respect de la “loi montagne” dimanche 6 avril 2008


Les crêtes du Sénépy - (photo Thierry Eyraud)

Le massif du Sénépy, qui domine le plateau de la Matheysine au sud de Grenoble, est menacé par un projet industriel lourd. La société Boralex voudrait implanter sur les crêtes de ce belvédère d’exception une centrale électrique composée de sept aérogénérateurs (éoliennes), d’une hauteur de 100 mètres chacun et dont la base serait fixée par 800 tonnes de béton.

Bien que Paysages de France soit favorable au développement des énergies renouvelables, l’association dénonce ce projet, inacceptable en un tel lieu et en tout état de cause incompatible avec la “loi montagne”.

Elle lance donc, avec d’autres associations de défense de l’environnement, un appel à manifester le dimanche 6 avril 2008.

Le rendez-vous est fixé à 10 heures, au parking des Signaraux*,au-dessus de La Motte-d’Aveillans, d’où aura lieu une randonnée conviviale et facile de 45 minutes qui conduira les manifestants sur les crêtes du Sénépy. Lecture de paysage, étude de la faune et de la flore seront du programme. Chacun est invité à apporter son pique-nique (salle hors sac prévue en cas de mauvais temps).

Alors que chaque jour des infrastructures de plus en plus gigantesques et nombreuses marquent le paysage, que l’implantation de zones commerciales dévoreuses d’espace se poursuit jusqu’aux abords des plus petites agglomérations, que l’urbanisation s’étend au point que les villes se rejoignent peu à peu, certains veulent sacrifier sur l’autel du profit et de la surconsommation énergétique des paysages dont, justement, nous avons plus que jamais besoin.

L’installation d’une centrale électrique composée de structures gigantesques sur les crêtes du Sénépy, à 1 500 mètres d’altitude (du jamais vu encore dans les Alpes), serait d’autant plus irresponsable que la production d’énergie attendue serait infinitésimale au regard de la consommation globale d’électricité. Pire, cette production alibi serait en fait, une incitation implicite à consommer toujours plus quelles qu’en fussent les conséquences sur un paysage, même d’exception. Si le recours à l’éolien est une solution souvent acceptable, installer des batteries d’aérogénérateurs de 100 mètres de hauteur n’importe où est clairement inacceptable.

Les enjeux actuels demandent en effet une réponse exactement inverse de celle qui est proposée au Sénépy par des industriels et des investisseurs en quête permanente de sites à équiper et prêts à déplacer de gigantesques camions jusque sur les crêtes des montagnes pour parvenir à leurs fins et faire leurs affaires.

C’est au contraire en préservant le paysage, en faisant prendre conscience, notamment aux jeunes, que la seule façon de sauver la planète contre les menaces qui pèsent sur elle, c’est de changer notre rapport au monde, de (re)découvrir le contact avec la nature et de promouvoir un mode de vie fondé sur le respect et l’économie des ressources de la Terre, que nous apporterons une réponse réelle et pérenne.

Le Sénépy a toujours fonctionné jusque là, comme un espace naturel et pastoral, propice au ressourcement dont plus que jamais nous aurons besoin : il n’est pas question de le vendre car il n’a pas de prix !

Ceci d’autant plus qu’un paysage n’est pas uniquement constitué de ce qui se voit, mais aussi de qu’il contient de richesses présentes, mais le plus souvent invisibles ou moins immédiatement visibles. En effet, le Sénépy n’est pas seulement un paysage de carte postale ! Le Sénépy, c’est aussi sa flore (la zone d’étude est entièrement située dans une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type 1 qui renferme des espèces remarquables botaniques dont la "gagée jaune", protégées au niveau national). Ce sont aussi des tourbières en formation, présentes sur la crête et un système hydraulique (« Signaraux » vient de « Sagneraux », pays des sources) aussi précieux que fragile. C’est encore sa faune emblématique (aigle royal et tétras-lyre), laquelle serait gravement perturbée.

Or toutes ces composantes font partie intégrante du paysage pour qui sait lire ou apprend à lire au-delà des seules apparences (le paysage est à la jonction du sujet et de l’objet).

Paysages de France demande donc que ce projet soit immédiatement et définitivement abandonné et que le promoteur renonce d’ores et déjà à déposer une demande de permis de construire qui au cas où il serait malgré tout accordé, ne pourrait qu’être immédiatement attaqué devant la juridiction administrative pour incompatibilité avec la « loi montagne ».

Paysages de France
Association agréée au plan national au titre du Code de l’environnement, agréée par le ministère de la Justice au titre de l’article 54, 1° de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971

contact@paysagesdefrance.org - www.paysagesdefrance.org

CONTACT PRESSE : 06 82 76 55 84

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