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Pot de terre contre pot de fer

Site personnel de Christine R., habitante de Levallois-Perret et adhérente de Paysages de France, victime de l’afficheur Défi-France

Le SYNDICAT DES AFFICHEURS, l’UPE, déclare la guerre aux associations de protection de l’environnement.
lundi 12 février 2007

Depuis quelques mois, Stéphane Dottelonde, président de l’UPE (syndicat des afficheurs), s’efforce d’empêcher les associations de protection de l’environnement de siéger au sein des groupes de travail chargés d’élaborer les règlements locaux de publicité, cela alors même que les afficheurs y sont systématiquement présents, et en nombre dès qu’il y a pour eux un enjeu.

En coulisses, Stéphane DOTTELONDE écrit aux préfets

C’est ainsi que Stéphane DOTTELONDE a récemment exigé l’annulation d’arrêtés préfectoraux prévoyant la représentation de Paysages de France.
Cela au prétexte que la loi ne serait pas assez claire et alors que les associations précitées siègent dans ces instances depuis des décennies sans que l’UPE n’ait jamais protesté. Alors même, encore, que ces associations ne disposent que d’une voix purement consultative.

Sur les ondes, Stéphane DOTTELONDE déclare que Paysages de France peut s’exprimer dans les groupes de travail « exactement comme les professionnels »

Pourtant, le même Stéphane Dottelonde avait pris soin de déclarer sur LCI, le 29 juin 2006 : « Il y a, et ça c’est la loi qui le prévoit, 180 municipalités actuellement en France qui sont en train de réglementer l’affichage, et la loi a prévu que pour réglementer sur l’affichage, il faut convoquer un groupe de travail où sont présents les élus, où sont présents les riverains, où sont présentes les associations de défense de l’environnement, et où sont présents les professionnels. »

Mieux, deux jours avant, Stéphane Dottelonde avait déclaré sur Europe 1 : « Vous parliez de Paysages de France. Actuellement la ville de Paris est en train de réglementer sur l’affichage. Paysages de France participe à ce groupe de travail et a la possibilité, exactement comme les professionnels, de s’exprimer et de donner son point de vue. »

Face au danger que représente pour eux Paysages de France : le juridisme pointilleux de ceux qui violent la loi !

Ainsi, alors même que les trois piliers de l’UPE ont montré jusqu’où ils pouvaient aller en matière de "respect" de la loi ainsi qu’en témoignent par exemple la condamnation de Clear Channel dans l’affaire de Dinan où les arrêtés de mise en demeure pris par le préfet des Hauts-de-Seine contre Decaux et Viacom, les afficheurs (du moins l’organisation qui les représente) font preuve d’un juridisme aussi soudain que pointilleux sur le sujet, pour notamment écarter Paysages de France, parce qu’elle est :

  •  la seule association en effet à mettre régulièrement en cause les afficheurs responsables d’infractions et à avoir démontré sa capacité à faire vraiment reculer, partout en France, la délinquance en matière d’affichage publicitaire ;
  •  la seule association suffisamment experte dans le domaine de l’affichage publicitaire pour contrer les tentatives de désinformations dont les maires sont souvent l’objet et
  •  la seule association disposant d’une expertise suffisante pour faire des propositions détaillées en vue de l’élaboration de règlements respectueux de l’environnement et des citoyens
  •  la seule association encore apportant régulièrement aux quatre coins du pays une aide efficace et particulièrement appréciée aux maires ayant pour objectif de réhabiliter le cadre de vie dans leur commune grâce à la suppression des publicités illégales et à la mise en place d’une réglementation locale appropriée.

    Double langage et cynisme

    Cette façon de procéder témoigne de l’état d’esprit qui prévaut au sein de l’UPE. Du moins de l’état d’esprit de son président.

    Ce dernier, tandis qu’il écrit aux préfets dans le but d’empêcher Paysages de France de siéger au sein des groupes de travail, n’hésite pas à parler du « débat démocratique autour de la publicité » (LCI), du « débat contradictoire » (Europe 1) que permet la participation aux groupes de travail. Et de la « « possibilité [ouverte ainsi à] « Paysages de France de donner son point de vue, exactement comme les professionnels » !

    À force de jeter de l’huile sur le feu, l’UPE risque gros

    Au-delà des conséquences très négatives que peuvent avoir de tels procédés sur la réputation de la profession, la démarche de Stéphane Dottelonde est extrêmement risquée. En effet, parvenir à écarter Paysages de France des groupes de travail aurait mécaniquement pour conséquence de décharger l’association de l’énorme travail que représente son investissement au sein de ces derniers. Et donc de concentrer les moyens mobilisés jusqu’alors pour ce travail de sensibilisation et d’information, sur la lutte contre la délinquance publicitaire…

    Une hypothèse qui, pour autant que l’association puisse se permettre de donner un conseil amical aux afficheurs, devrait faire réfléchir très sérieusement ces derniers. En effet, les membres de l’UPE seraient certainement bien inspirés de se demander aujourd’hui quel mauvais calcul pourrait encore les inciter à laisser leur président jeter ainsi de l’huile sur le feu et de s’engager dans une voie aussi dangereuse, à tous points de vue, pour la profession !

    Face aux excès (c’est un euphémisme) de l’affichage publicitaire, certains estiment ne pas avoir d’autre choix que de recourir à la désobéissance civile en « barbouillant », chaque quatrième vendredi du mois, des panneaux publicitaires.
    Regroupés au sein du « Collectif des déboulonneurs », créé en 2005 à Paris, ils se proposent, non pas de démonter des panneaux, mais « de faire tomber [la publicité] de son piédestal ». Les slogans dénoncent tout à la fois la pollution visuelle et la publicité elle-même. Objectif du collectif : ramener notamment la taille maximale des affiches à 50x70cm. Moins d’un an aura suffi depuis leur appel à une première action, le 25 novembre 2005, pour que des poursuites soient engagées à l’encontre de certains « déboulonneurs ». D’ores et déjà, deux audiences sont prévues, l’une à Paris, l’autre dans le Gard, respectivement le 12 janvier et en mars 2007.
    Quoi que l’on pense de la méthode utilisée par ces militants, le moins qu’ils soient en droit d’exiger aujourd’hui est que, parallèlement, des poursuites soient engagées sur l’ensemble du territoire national contre les délinquants de l’environnement : en France, des dizaines de milliers de panneaux publicitaires et d’enseignes sont installés en violation d’une loi destinée à protéger le paysage, « patrimoine commun de la Nation »… !