


La Voix du Nord du 14 décembre 2011 consacre deux articles à l’action engagée par Paysages de France en 2010 pour venir à bout de la gigantesque enseigne qui, récemment encore, arborait notamment le nom du magasin IKEA d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).
Le démontage des lettres IKEA constitue déjà une appréciable victoire eu égard à l’état d’esprit qui semble prévaloir encore au sein d’une entreprise, qui se targue de ses engagements en faveur de l’environnement tout en installant devant certains de ses magasins des dispositifs dont le gigantisme porte à l’évidence atteinte à l’environnement et dont la hauteur est très largement supérieure au maximum autorisé par le code de l’environnement.
« Nous faisons le maximum pour contribuer à créer un monde plus soucieux de l’environnement, des ressources naturelles et d’autrui », peut-on lire sur le site de la marque. Quant à Steve Howard, directeur développement durable du groupe, il affirme que l’environnement est « au coeur des préoccupations de l’entreprise ».
Il serait donc temps qu’IKEA accorde ses pratiques avec ses discours et, c’est le moins, commence par respecter spontanément les lois destinées à le protéger. Il est tout de même fâcheux qu’une entreprise qui se targue de placer l’environnement « au cœur de ses préoccupations », soit l’objet d’un arrêté préfectoral la mettant en demeure de respecter le code de...l’environnement (voir pièce jointe) !
L’exemple de Dijon est à cet égard édifiant. IKEA s’est ainsi débrouillée pour faire légaliser une enseigne colossale par François REBSAMEN, maire de Dijon, du temps où cela était encore possible, en l’occurrence quelques mois seulement avant le 13 juillet 2010, date depuis laquelle ça ne l’est plus ! Une autorisation accordée malgré l’avis défavorable, en octobre 2009, de l’Architecte des Bâtiments de France, du Directeur régional de l’environnement et de la commission départementale de la nature des sites et des paysages (CDNPS), réunie pour la circonstance.
Or il faut savoir que, dès janvier 2008, Paysages de France avait saisi François REBSAMEN, puis, ce dernier gardant le silence, le préfet de la Côte-d’Or, en mars 2008 et à nouveau en juillet 2009, pour qu’IKEA soit mis en demeure de se conformer à la réglementation.
Ce n’est en définitive qu’à la suite de cette autorisation accordée contre l’avis des instances environnementales du département et de la région qu’IKEA avait pu finalement maintenir en place sa gigantesque structure, jusqu’alors illégale.
Autre exemple des pratiques d’IKEA, le cas de Plaisir, dans les Yvelines, où les interventions répétées de Paysages de France auprès du préfet ont conduit ce dernier à prendre, le 11 mai 2011, un arrêté (voir pièce jointe) mettant en demeure cette société de déposer son enseigne en infraction.
Soit IKEA continue comme avant et se discrédite gravement, soit IKEA décide de mettre en accord ses pratiques environnementales avec ses discours en la matière. Or cela passe néccessairement par le démantèlement sans délai du pylône d’Hénin-Beaumont. Et de celui aussi, dans les meilleurs délais, de toutes ces enseignes démesurées qui nuisent autant à l’image de cette société qu’aux paysages qu’elle pollue par la même occasion.