


Suite au communiqué de presse diffusé par Paysages de France le 26 novembre 2007, Catherine Alfarroba, maire-adjointe à l’urbanisme et présidente du groupe de travail qui a élaboré le projet de règlement de publicité de la ville de Clichy-la-Garenne, a envoyé le message ci-dessous au titre du droit de réponse.
L’association Paysages de France tient cependant à faire un certain nombre de remarques et à corriger les inexactitudes contenues dans le texte de Catherine Alfarroba.
L’association tient surtout à souligner que ce projet comporte notamment, outre le maintien des publicités de 12 m² au moment où des villes comme Villeurbanne, Auxerre, Montpellier ou encore Paris ont abandonné ce format, une dispositions clairement inacceptable que Catherine Alfarroba se garde bien d’évoquer dans sa réponse.
En effet, le projet prévoit d’autoriser l’installation non pas « éphémère », mais bel et bien permanente de publicités géantes le long du périphérique, ce qui était strictement interdit jusqu’alors*.
Paysages de France lance donc un appel au conseil municipal de Clichy pour qu’au moins soit rejetée cette disposition qui non seulement constituerait un recul considérable par rapport au régime général du code de l’environnement, mais irait à l’encontre de ce que vient de décider le maire de Paris, prendrait l’allure d’une prime à la délinquance en matière d’affichage publicitaire et, en tout état de cause, ne pourrait que nuire fortement à l’image de la ville.
1 - Catherine Alfarroba se prévaut du vote de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS). Or chacun sait que ces commissions sont dans la quasi-totalité des cas de simples chambres d’enregistrement, quand elles ne donnent pas un avis favorable à des règlements entachés d’illégalité ainsi que vient de le démontrer, récemment encore, Paysages de France.
Il faut savoir au demeurant que, cette commission était présidée par le préfet des Hauts-de-Seine, lequel avait refusé de mettre en demeure les afficheurs en infraction jusqu’à ce que l’association saisisse la justice…
2 - Catherine Alfarroba a toujours refusé d’inviter Paysages de France aux réunions du groupe de travail chargé d’élaborer le projet de règlement alors même qu’elle savait qu’une telle pratique était tout à fait légale. Les rencontres avec des représentants de l’association ont eu lieu en marge de ce groupe de travail au sein duquel, en revanche, les sociétés ayant violé durant des années et à grande échelle le code de l’environnement étaient représentées en nombre.
Qui plus est, Catherine Alfarroba n’a jamais informé l’association des travaux de ce groupe de travail dès lors que celui-ci s’est chargé de régulariser les infractions commises par certains des 5 afficheurs qui y siégeaient...
3 - Catherine Alfarroba oublie d’indiquer que l’association a été obligée de saisir la justice pour que les afficheurs en infraction soient mis en demeure de démonter leurs panneaux surdimensionnés et leurs publicités géantes installées en violation du code de l’environnement.
4 - Catherine Alfarroba évoque parmi ses préoccupations, la « résorption de l’habitat insalubre ».
Pourtant, la présence d’une immense publicité recouvrant pendant des années, en toute illégalité (cinq infractions cumulées) la totalité des fenêtres de la façade d’un immeuble à l’évidence insalubre, mais habité par des familles payant des loyers exorbitants (Paysages de France peut fournir les preuves), ne semble pas l’avoir émue outre mesure à l’époque des faits.
Force est de constater que le démontage de cette publicité n’est intervenu que lorsque cette situation scandaleuse a défrayé la chronique (voir notamment Le Canard enchaîné du 12 décembre 2005, « Les bâches besognes de la pub »), après un rassemblement de protestation organisé à l’initiative de Paysages de France avec le soutien de nombreux élus Verts (dont quatre parlementaires) et de parlementaires de l’opposition comme de la majorité, dont l’actuelle secrétaire d’État à l’Écologie.
5 - Catherine Alfarroba prétend que la publicité lumineuse « ne rentre pas dans le champ d’un règlement de pub. » parce qu’elle « est soumise à autorisation préalable. »
Rien n’est plus faux.
Non seulement la publicité lumineuse peut être réglementée dans un tel cadre, mais il est souhaitable qu’elle le soit et que des dispositions spécifiques soient prises comme c’est le cas dans de nombreux règlements récents et comme vient de le faire notamment la ville de Paris.
6 - Catherine Alfarroba, pour tenter de justifier l’autorisation d’installer des publicités géantes le long du périphérique (270 000 véhicules par jour) alors que Paris vient de les interdire, avance que « à [sa] connaissance, le projet parisien n’est pas tout à fait finalisé ».
On ne voit pas pourquoi il faudrait attendre que le projet de Paris soit complètement « finalisé » (il vient en fait de recevoir, lui aussi, l’avis favorable de la CDNPS) pour que Clichy renonce à vouloir autoriser les publicités géantes jusque-là interdites. Ceci d’autant plus que les médias se sont fait l’écho de la volonté du maire de Paris de ne pas céder aux demandes des afficheurs et de défendre un règlement qui, sur ce point, ne fait au demeurant que reprendre les dispositions du régime général du code de l’environnement, toutes choses que Catherine Alfarroba ne peut ignorer.
En tout état de cause, Catherine Alfarroba était bien placée pour savoir que l’ensemble des conseillers Verts de Paris réclamaient depuis des années, avec Paysages de France, l’interdiction à Paris de ce qu’elle propose aujourd’hui à Clichy.
7 - Catherine Alfarroba rappelle que l’un des objectifs des élus était de « réduire l’impact visuel de la pub »
Le projet de règlement prévoit, au contraire, la possibilité d’installer des publicités dont l’impact visuel serait considérable puisque ces publicités seraient installées sur des dispositifs gigantesques, là où elles seraient les plus visibles et les plus massivement vues (270 000 véhicules par jour).
Force est de constater au demeurant que, contrairement à ce qui se fait dans d’autres villes qui ont décidé d’abandonner les tristement célèbres panneaux 4x3le projet de règlement de Clichy se propose quant à lui de conserver ce format.
En tout état de cause, les mesures visant à réduire l’impact de la publicité dans tel secteur ne peuvent en aucun cas justifier les énormes dégâts objectifs et symboliques qui seraient occasionnés par la présence de publicités surdimensionnées là où les publicités seraient les plus visibles, les plus vues et où existe un enjeu qui dépasse de très loin le seul territoire de la ville de Clichy.
En effet, installer des publicités géantes le long du périphérique reviendrait non seulement à « sortir » du régime général un secteur de la ville de Clichy, à le polluer délibérément de façon massive et donc à mettre à mal le principe d’équité, mais également à « exporter » cette pollution massive sur un axe majeur de l’agglomération parisienne au moment même où Paris décide de mettre un terme aux débordements qui avaient transformé certains secteurs de cet axe en couloir publicitaire.
Il est donc désormais de la responsabilité du conseil municipal de Clichy de rattraper les choses et de faire en sorte que le projet qu’il votera ne comporte pas cet énorme recul et ne constitue pas un contre-exemple, mais représente au contraire un geste positif, en cohérence avec le signal donné récemment par le maire de la capitale.
L’association Paysages de France reste pour sa part convaincue qu’il suffirait d’un peu de bonne volonté pour qu’un consensus soit trouvé.
* Cette interdiction restera en vigueur tant que le conseil municipal n’aura pas approuvé le projet et que les mesures de publicité prévues par les textes ne seront pas prises.
DROIT DE REPONSE de Catherine ALFARROBA (27 novembre 2007)
En revenant de la Commission des sites (CDNPS) réunie ce jour en Préfecture, je prends connaissance de votre charmant message qui dénature totalement le contenu du règlement local de Publicité de Clichy.
Le vote intervenu en Commission a été favorable à la majorité absolue (12 pour) un voix contre (votre représentante,Madame Fisher que je connaissais auparavant comme ancienne maire-adjointe d’Asnières en charge du logement...) et une abstention.
L’objectif des Elus de Clichy a été de doter enfin la Ville d’un règlement pour plusieurs raisons :
Résultat : sur 121dispositifs en place aujourd’hui, le règlement en "fera tomber" 80.
Les Berges de la Seine seront sans publicité ainsi que tous les axes routiers et piétons principaux et les entrées de Ville.
Je tiens à vous préciser qu’en séance, à la suite de mon introduction, Madame Fisher a bien voulu admettre que je l’avais reçue à deux reprises (ainsi que l’association RAP) et que de ce fait, elle avait été tenue au courant de l’évolution des travaux de la commission, mais également que j’avais pris en compte des suggestions de l’Association, notamment en ce qui concerne la surface des messages publicitaires.
Vous reconnaîtrez que tout en respectant le vote de votre représentante, nous sommes loin de vos affirmations péremptoires.
Quant à la publicité lumineuse, vous savez mieux que moi qu’elle ne rentre pas dans le champ d’un règlement de pub et qu’elle est soumise à autorisation préalable.
Je vous invite à me proposer quelques dates afin que je vous expose les projets d’aménagement du secteur Entrée de Ville qui ne sera pas dénaturé par de la publicité.
A ma connaissance, le projet parisien n’est pas encore tout-à-fait finalisé et dans le cadre de la Conférence métropolitaine à laquelle Clichy participe activement, nul doute qu’un jour ce sujet sera abordé (peut-être pas sous l’angle du "Grand Paris" annoncé par votre représentante). Dans l’immédiat, nos travaux communs portent sur des sujets vitaux pour les communes limitrophes que sont les transports, la résorption de l’habitat insalubre et plus largement l’offre de logement, au coeur du projet de SDRIF que je soutiens activement.
Souhaitant que cette mise au point soit de nature à éclairer équitablement nos lecteurs, je vous prie d’agréer mes sincères salutations.
Catherine ALFARROBA
Maire-Adjointe à l’Urbanisme et à la Politique de la Ville de Clichy.