


Une sortie de "découverte du patrimoine et du paysage", organisée avec l’association "Patrimoine et avenir du Grésivaudan"*, a eu lieu dimanche 26 juin 2011.
Grâce à la présidente de cette association, c’est toute la vie ancienne d’un petit village du Grésivaudan, niché au pied des falaises de Chartreuse, de son impressionnante cascade et de son château, qui a ressurgi au fil des ruelles. Mais visiter le vieux Bernin, c’est aussi poser de multiples questions sur l’évolution du paysage et la protection du patrimoine, avec la disparition, progressive, dès après la 2e guerre mondiale, de toutes les activités qui animaient le cœur du village et la quasi-disparition des activités agricoles (Bernin était réputée pour son vin, vendu jusqu’à Paris !).
Deuxième étape attendue de la journée : le funiculaire** de Saint-Hilaire-du-Touvet pour gagner le plateau des Petites-Roches, situé à 1 000 mètres d’altitude. Vingt minutes d’ascension à couper le souffle avec l’un des plus anciens chemins de fer touristique des Alpes françaises, qui emprunte la voie la plus pentue d’Europe. À lui seul, ce joyau du patrimoine industriel (il avait été réalisé à l’origine pour acheminer des matériaux de construction) mériterait le voyage. Mais lorsque, après la cascade qui se précipite depuis le haut du plateau, après les taches vives des grimpeurs sur la verticalité des falaises, après le tournoiement multicolore des parapentes entre le bleu du ciel et la cime des arbres, se déploie soudain, à l’arrivée, la succession ininterrompue des sommets alpins, c’est un pan de la beauté même du monde qui se met en scène.
Il suffit alors de suivre le chemin qui longe la plateau au milieu de prairies ondoyantes parsemées de bosquets. Mais ce jour-là, les adhérents de Paysages de France ont eu le privilège*** d’être accompagnés par le président de la régie des remontées mécaniques. Et d’écouter les commentaires d’un homme qui, né ici et guide de haute montagne, peut, mieux que quiconque, raconter son pays, ses paysages, ses montagnes, aussi bien avec les mots du savant qu’avec les mots du cœur.
Le déjeuner sur l’herbe, à l’ombre de grands arbres, fut encore un moment privilégié et certains gardent encore le goût des cerises sauvages, cueillies pour leur dessert.
Même le retour allait réserver une surprise, et quelle surprise : être là juste au moment où arrivait, loin devant les autres, le premier des huit cents coureurs partis le matin, après avoir, en 11 heures seulement, parcouru...80 kilomètres et gravi 4 800 mètres de dénivelé. Un exploit digne de la Grèce antique, mais accompli par un habitant du Toit du Monde, car le héros du jour était un...sherpa ! Le sherpa Dawa, né le 11 mars 1969 à Taksindu Solukumbu au Népal, dans les montagnes de l’Everest, à 2 700 m d’altitude et qui, ce jour-là, participait à la 22e édition de la célèbre épreuve du Grand Duc**** !
* http://www.bernin.fr/279-patrimoine...
http://o.t.sthilairedutouvet.pagesp...
*** Autre privilège : le groupe de Paysages de France a bénéficié de la gratuité du voyage, gratuité "surprise" puisqu’elle n’était pas du tout prévue !