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Projet de règlement de publicité de LA BAULE : ALERTE !

09.10.2017

Communiqué de Paysages de France
Association agréée dans le cadre national, indépendante des pouvoirs économique et politique

Porte-parole de Paysages de France : 06 82 76 55 84

Projet de règlement de publicité de LA BAULE : ALERTE !

La commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) de la Loire-Atlantique se réunit mardi 10 octobre à 9 h 30 en préfecture afin d’examiner le projet de règlement local de publicité (RLP) de la Baule-Escoublac.

De nombreux points de ce projet, « accompagné » par le cabinet Cadre & Cité, apparaissent avant tout comme taillés sur mesure pour les afficheurs, au point que plusieurs de ces dernières consistent, non pas à mieux protéger le territoire concerné des nuisances engendrées par l’affichage publicitaire, mais à aller jusqu’à autoriser les panneaux publicitaires dans des lieux où, en l’absence de RLP, ils seraient interdits. Voire à les autoriser là où l’interdiction ne peut faire l’objet d’aucune dérogation !

« Lever les protections » pour mieux protéger !

Le projet de règlement de publicité annonce d’emblée (page 1) la couleur :

« Les périmètres de protection des monuments historiques sont levés et soumis aux règles des zones qui les recouvrent »

Le rapport de présentation élaboré par le cabinet précité avait d’ailleurs mentionné la première orientation suivante :

« Définir les conditions dans lesquelles la publicité peut être réintroduite dans les secteurs d’interdiction (PNR, Site patrimonial remarquable) »

Résultat ?

Dans le site patrimonial remarquable, qui couvre un vaste secteur de l’agglomération principale de La Baule, et même dans le périmètre du parc naturel régional de la Brière, espaces où en l’absence de RLP la publicité serait interdite, de la publicité du format maximum possible sur les trottoirs (publicité sur panneaux de mobilier urbain) et sans aucune règle spécifique de densité

Et ailleurs ?

Le long des axes majeurs (là où tout le monde passe !), qui sont les plus convoités par les afficheurs :
Des panneaux publicitaires de grand format scellés au sol (les pires !)
De la publicité lumineuse numérique, celle-là même qui est la plus "impactante" et « agressive » aux dires mêmes des professionnels, et, concernant les publicités scellées au sol, selon les règles les plus laxistes possibles !
De la publicité sur mobilier urbain sans frein aucun.

Conflit d’intérêts

Le cabinet d’études qui, a accompagné ce projet a été créé par un ancien cadre du groupe JCDecaux. Son activité, outre celle concernant l’aide à l’élaboration de RLP/RLPi, porte également sur le « conseil » aux collectivités pour la mise en place de contrats de publicité sur mobilier urbain. Ledit cabinet met en avant son rôle d’intermédiaire et se fait fort de mettre en relation les collectivités avec des sociétés « proposant aux villes des matériels souvent innovants et des prestations de qualité. »

La place donnée à la publicité sur mobilier urbain dans les projets de RLP suivis par ce cabinet s’avère d’ailleurs systématiquement considérable (absence de toute règle de densité, surfaces maximales et publicité numérique chaque fois que possible), et même exorbitante (secteurs réservés exclusivement à ce type de dispositifs). Enfin, l’associé du dirigeant de cette entreprise a occupé pendant près de 10 ans la fonction de directeur régional de la société JCDecaux, période durant laquelle il gérait notamment les contrats de mobilier urbain.

Difficile dans ces conditions de considérer qu’il n’y aurait pas de conflit d’intérêt !

Avis défavorable

Inutile après cela d’entrer dans les détails du projet ou d’évoquer les autres (nombreux) points qui posent problème : le bilan est suffisamment accablant comme cela.
La CDNPS, qui, en vertu des dispositions de l’article L.341-16 du code de l’environnement, « concourt à la préservation des paysages, des sites et du cadre de vie » faillirait donc à sa mission si elle devait donner son aval à ce projet.